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9 février : les scolaires du Niger commémorent ces évènements tragiques qui ont tué 3 de leurs camarades.

VENDREDI NOIR DU 9 FÉVRIER 1990
9 février 1990 – 9 février 2019. 29 ans de pleurs, d’amertumes, de justice non rendue.

C’était un vendredi 9 février 1990, la météo de Niamey comme d’habitude à cette période de l’année, est favorisée par un vent d’harmattan que couvre une poussière fine la capitale du Niger.
La situation économique du pays va mal, très mal. Le gouvernement du Général Ali Seibou, à son corps défendant ne peut qu’avaler la pilule amère du Fonds Monétaire International (FMI) à travers son Programme d’Ajustement Structurel (PAS) pour sortir le pays de cette crise économique. Cette pilule est restée dans la gorge des Syndicats notamment l’Union des Syndicats des Travailleurs du Niger (USTN).

Les scolaires quant à eux, soudés, unis, mobilisés autour de la très puissante Union des Scolaires Nigériens (USN) contestent et s’opposent à la mise en œuvre d’un nouveau système scolaire dit de double flux dans les écoles primaires tiré du Projet Education III.

Cette matinée du vendredi 9 février 1990, à partir de « Harobanda » quartier où est implantée l’unique Université du Niger, les étudiants et élèves des collèges descendent, et marchent pacifiquement vers le Pont Kennedy, l’unique pont qui relie les rives droites et gauche de Niamey. Il s’agit pour eux, de faire comprendre à la population et aux autorités leurs points de revendication qui se résument à :
– la reconnaissance juridique de l’USN
– l’annulation du Projet Education III
– l’amélioration des conditions de vie des étudiants

En face, les forces de l’ordre bloquent cette marée humaine décider à se faire entendre. Escarmouches, tirs de gaz lacrymogènes, tirs de fusils et à balles réelles. Et soudain, tout est noir en ce vendredi noir (comme titrait le cinéaste).
Trois étudiants furent fauchés, touchés mortellement, arrachés à l’affection de leurs familles et camarades et plusieurs blessés dont certains portent les séquelles des blessures à vie. Les martyrs du 9 février 1990, morts sur le champ d’honneur. Il s’agit des étudiants de l’Université Abdou Maman Saguir et Alio Nahantchi et le collégien Issaka Kainé.

En ce samedi 9 février 2019, voilà 29 ans que les étudiants crient justice, que la lumière soit faite, 29 ans que la lutte continue et doit continuer. Le temps est passé, l’eau a coulé sous le pont qui est devenu depuis lors, « Pont des martyrs ».

La roue de l’histoire tourne, seules les montagnes ne se rencontrent jamais. Un jour, les auteurs et complices des assassinats du 9 février 1990, seront au rendez-vous de l’Histoire et rendront compte au peuple souverain de leurs forfaits.
© IciNiger

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