Discours de S.E. Moussa Faki Mahamat à l’occasion de la Session du Conseil Exécutif de la 17ème Session Extraordinaire de la Conférence sur l’Industrialisation et la Diversification Économique et de la Session Extraordinaire sur la Zone de Libre Échange

Madame la Présidente du Conseil exécutif

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil exécutif

Madame la vice-présidente de la Commission de l’Union africaine

Mesdames et Messieurs les ministres

Mesdames et Messieurs les Représentants du Corps diplomatique

Distingues invités,

Mesdames et Messieurs

La belle et cosmopolite ville de Niamey a revêtu ses plus beaux atouts pour nous accueillir à l’occasion de la tenue de cette session du Conseil exécutif de notre Union, élargie pour la circonstance, aux ministres de l’industrie et aux ministres du commerce.

C’est pour moi l’occasion d’adresser mes remerciements les plus appuyés au gouvernement et au peuple frère du Niger pour la qualité de l’accueil ainsi que pour les excellentes conditions de séjour et de travail à nous offertes pour le bon déroulement de nos travaux.

Je voudrais également saluer l’ensemble des organisateurs qui, à différents niveaux et en leur qualités respectives, ont accompli en amont la préparatoire idoine dont les résultats sont reflétés dans les documents de travail sur lesquels votre Conseil est appelé à se prononcer avec sagesse et perspicacité.

Madame la Présidente

Mesdames et Messieurs

Notre réunion se tient dans un contexte international secoué par une succession de crises dont les ondes négatives n’ont pas encore fini de traverser notre continent. Ces crises ont eu la particularité de révéler les fragilités de nos économies dues à la faible capacité de réponse aux chocs, notamment de nature exogène. Qu’il s’agisse de la survenance de la pandémie de la covid-19 et des divers impacts ou de l’explosion de la crise russo-ukrainienne, l’Afrique fait, en dépit de ses multiples vaillantes résistances et preuves de remarquable résilience, la dure expérience de sa forte dépendance à l’égard de l’extérieur.

Cette dépendance, nos leaders ont pris la courageuse et sage option d’envisager de la réduire de manière significative à travers l’accélération du processus d’industrialisation du continent. Les attentes du Continent sont, d’une part, une production de biens manufacturés diversifiés et d’autre part un renforcement des échanges commerciaux intra-africains que devra faciliter la pleine et totale opérationnalisation de la Zone de libre-échange continentale africaine, la ZLECAf.

C’est au prisme de ces considérations d’ordre stratégique que se confirme la pertinence de la thématique de cette 17ème session extraordinaire de la Conférence de l’Union dont votre présente session est le segment préparatoire décisif. Industrialisation et diversification économique, tels sont les deux pôles complémentaires d’un même objectif à la réalisation duquel la ZLECAf est appelée à prendre à bras le corps.

Madame la Présidente

Mesdames et Messieurs

L’étape à laquelle est parvenu le processus d’opérationnalisation de la ZLECAF constitue un motif de satisfaction et de fierté. La mise en place de la structure fonctionnelle du Secrétariat permanent de la ZLECAf s’est faite en parallèle avec le lancement des négociations au titre de la première phase consacrée au commerce des biens et des services.

Cette phase, couronnée de succès, a enregistré, entre autres, l’engagement par les Etats parties à éliminer les droits de douane sur 97% des lignes tarifaires et des avancées louables sur les questions liées au commerce des biens, notamment la facilitation des échanges, le règlement des différends commerciaux, les règles d’origine, les barrières non-tarifaires et les arrangements institutionnels. Ces avancées concernent également le commerce des services au titre duquel les Etats parties ont déjà soumis des offres initiales.

Aussi, la deuxième phase des négociations a également connu des avancées remarquables. Elle a porté sur les protocoles relatifs à l’investissement, à la politique de concurrence, aux droits de la propriété intellectuelle, au commerce électronique et à la participation des femmes et des jeunes au commerce.

Lors de sa première session, le Conseil des ministres du Commerce s’est consacré à l’examen de certains de ces protocoles dont la première mouture est soumise à votre examen.

Madame la Présidente

Mesdames et Messieurs

Ce chemin parcouru au titre de l’opérationnalisation de la ZLECAf, bien que fort appréciable, met en relief des défis majeurs qui continuent de parsemer les chemins du futur. Ces défis, d’ordre structurel, portent sur les conditions sine qua non d’un fonctionnement optimal de la ZLECAf.

L’enjeu de taille ici est de pouvoir renforcer les échanges entre les pays du continent plus ouverts sur l’extérieur par des accords déjà signés qui gèrent l’essentiel de leur commerce. Il s’agit donc de développer la capacité de réussir la transformation de nos structures productives dans la perspective d’accroitre la complémentarité des échanges intra-africains.

Il faudrait également assurer la convergence en réduisant les grands écarts entre les Etats membres et entre les Communautés économiques régionales en termes de développement et de niveau d’intégration. Le rapport sur l’état de l’intégration en Afrique au titre de 2022 élaboré par la Commission de l’UA a mis en relief la réalité de tels écarts.

Madame la Présidente

Mesdames et Messieurs

Voilà un échantillon des défis à relever aux fins de faire de la ZLECAf un processus endogène capable d’induire les changements souhaités. Il est souhaitable, à cet égard , que la ZLECAf bénéficie d’un espace supranational qui lui permettrait d’impulser les réformes nécessaires à une diversification horizontale valorisant les potentialités de nos pays.

Il n’échappe pas à votre alerte sagacité que ces modestes propositions ne sont, au mieux, qu’une mise en relief des conditions préalables du succès de la ZLECAf, dejà signalées dans le rapport du Conseil des ministres du commerce de la ZLECAF qui fait l’objet d’examen par votre Conseil.

Je suis convaincu que vos délibérations vont déblayer et défricher le terrain pour affronter ces défis afin que nous restions dans la logique du succès qui a marqué la première phase des négociations.

En vous souhaitant de fructueuses travaux, je vous remercie de votre bienveillante attention.

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