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Interview de Dimitri SANGA, Directeur du Bureau Sous Régional pour l’Afrique de l’Ouest de la Commission Economique pour l’Afrique (CEA)

Dimitri SANGA, Directeur du Bureau Sous Régional pour l’Afrique de l’Ouest de la CEA (Niamey).

 Créée en 1958 par le Conseil économique et social (ECOSOC) des Nations Unies, la Commission Économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) est l’une des cinq commissions régionales et a pour mandat d’appuyer le développement économique et social de ses États membres, d’encourager l’intégration régionale et de promouvoir la coopération internationale pour le développement de l’Afrique.


A bâtons rompus avec Dimitri SANGA, Ph.D. Directeur du Bureau Sous Régional pour l’Afrique de l’Ouest
de la Commission Economique pour l’Afrique (CEA/ECA)


Présentez-nous Monsieur le Directeur, le Bureau  CEA en Afrique de l’Ouest qui se trouve ici à Niamey.
Le Bureau Sous Régional pour l’Afrique de l’Ouest de la Commission Économique des Nations Unies (CEA/BSR-AO) est un des cinq bureaux sous régionaux d’Afrique. Situé à Niamey, Niger, la CEA/BSR-AO couvre l’ensemble des 15 États membres de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Les efforts de la CEA/BSR-AO sont orientés vers le renforcement de la coopération et de l’intégration sous régionale en Afrique de l’Ouest, alignées sur les priorités de l’Union Africaine, les articulations du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD), et les objectifs internationaux de développement dont ceux énoncés dans la Déclaration du Millénaire. La CEA/BSR-AO coordonne aussi la position des États membres sur diverses questions de développement économique et social. La CEA/BSR-AO travaille en partenariat étroit avec les institutions chargées de faciliter le regroupement économique sous régional, à savoir la CEDEAO et l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), ainsi qu’avec les institutions intergouvernementales sectorielles, le secteur privé et les organisations de la société civile. 

Quel est le contexte économique en Afrique de l’Ouest ?
Au plan mondial, la croissance économique pour 2016 est estimée à 3,1 % (FMI, Janvier 2017), avec une accélération prévue dans les pays émergents et les pays en développement en 2017–18 de 3,4 % et 3,6 %, respectivement. Pour l’Afrique, la croissance est aussi restée modérée à 3,7% en 2016, avec une légère accélération attendue en 2017 à 4.5%.
En ce qui concerne la sous-région CEDEAO, l’activité économique devrait enregistrer une contraction, avec un taux de croissance qui ressortirait à -1,7% (Rapport annuel CEDEAO, 2016) contre un taux de croissance de 3,0% enregistré en 2015. Cette évolution reflète principalement les perspectives négatives de croissance attendues au Nigeria, première économie de la sous-région cumulant près de 75% du PIB de la CEDEAO. En effet, de 6,3% en 2014, le taux de croissance du Nigeria est passé à 2,7% en 2015 et les dernières projections du FMI de janvier 2017 indiquent un taux de croissance de -1.5% % en 2016. L’économie nigériane a été notamment affectée en 2016 par les effets combinés de la baisse des cours du pétrole, les perturbations de l’offre pétrolière dans la région du delta au Sud et la crise sécuritaire au Nord du pays.  Toutefois, le profil économique global de la sous-région contraste avec les performances de la zone UEMOA dont  la croissance du PIB réel devrait ressortir à 7,3% en 2016, contre 7,0% en 2015. La croissance devrait connaitre une accélération dans toutes les économies de cette zone  à l’exception de la Guinée Bissau et du Mali. La Côte d’Ivoire et le Sénégal devrait enregistrer des taux de croissance de 9,3% et de 6,6% en 2016, contre 9,2% et 6,5% en 2015.

Quelles sont les réalisations du bureau de la CEA en Afrique de l’Ouest durant les trois  dernières années ?
Les principales interventions du bureau de la CEA pour l’Afrique de l’Ouest qui portent essentiellement sur l’assistance technique aux états membres sur la base de la demande. Ces dernières années nos interventions dans nos Etats membres  peuvent être  de manière non exhaustive regroupées comme suit :

  • Appui à la réalisation des études prospectives nationales de long terme (Bénin, Niger)
  • Appui à la formulation des stratégies et plans nationaux de développement (Niger, Guinée, Libéria, Guinée-Bissau) ;
  • Appui à l’appropriation des agendas 2030 et 2063 dans les politiques, stratégies et plans nationaux de développement (Sénégal, Niger, Burkina Faso, Guinée, Côte d’Ivoire, Benin, Liberia) ;
  • Appui à l’amélioration des systèmes d’état civil et d’établissement des statistiques de l’état civil des Etats membres (Cameroun, Tchad, Congo, Côte d’Ivoire, Madagascar et Niger) ;
  • Renforcement des systèmes nationaux de planification par l’appui à l’élaboration d’outils et d’instruments d’aide à la formulation et à l’évaluation des politiques, programmes et projets de développement  (Côte d’Ivoire, Sénégal, Guinée)
  • Renforcement des  systèmes statistiques nationaux afin de les permettre de répondre efficacement aux exigences de suivi-évaluation de politiques publiques de développement et au suivi-évaluation des engagements internationaux et régionaux de développement (OMD, ODD et agenda 2063) (Guinée, Niger, Sénégal) ;
  •  Évaluation de l’impact économique et social de la maladie à virus Ebola et soutien à la relance économique post Ebola (Guinée, Libéria, Sierra Leone) ;
  • Renforcement du dialogue politique et appui conseil pour l’accélération du processus de transformation structurelle des économies des Etats Membres par l’élaboration des profils pays (Guinée, Côte d’Ivoire, Niger, Sénégal, Nigéria, Ghana, Gambie, Cap-Vert) ;
  • Appui au renforcement et à la promotion de l’économie régionale et locale à travers la formulation de stratégies nationales de promotion des pôles régionaux de  développement, l’élaboration des plans régionaux de développement et de données communaux (Niger) ;
  • Renforcement du partenariat et de coopération technique avec les Communautés économiques régionales et des OIG (CEDEAO, UEMOA, UFM, Bassin Lac Tchad).

 Quels sont les défis du bureau de la CEA en Afrique de l’Ouest ?
Les défis du bureau sous régional de la CEA pour l’Afrique de l’Ouest s’adressent essentiellement au retard qu’enregistrent les Etats de la CEDEAO dans le processus de transformation structurelle de leur économie. Ces défis portent entre autres sur :

  • Une gouvernance économique qui n’est pas encore à la hauteur des standards internationaux ;
  • L’insécurité grandissante dans la sous-région et dans la bande sahélienne en particulier
  • Le chômage des jeunes et l’étroitesse des marchés d’emploi pour répondre efficacement à la demande sociale d’une jeunesse qui représente la majorité de la population de la sous-région.

Quelle est la méthode de travail du bureau de la CEA en Afrique de l’Ouest ?
Elle est basée sur la réalisation d’études pour influencer la prise de décision et impulser une dynamique de transformation dans nos Etats.
Le Bureau sous régional s’appuie sur un réseau de partenaires internes à la CEA (nos divisions techniques et thématique  à Addis Abeba), les autres partenaires du système des Nations Unies mais aussi les Communautés Economiques Régionales comme la CEDEAO, l’Union du Fleuve Mano  et autres OIG comme AFRISTAT, le CILSS. Avec l’ensemble de ces partenaires  nous travaillons suivants des Mémorandum pour une plus grande  synergie dans nos interventions.
Merci monsieur le Directeur

©IciNiger- Interview réalisée par Mahamadou ABDOULKARIM 

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