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Inondations au Niger : 42 morts et près de 70 000 personnes sinistrées selon le ministre de la gestion des catastrophes à la date du 2 septembre 2019.

Mr Laouan Magagi, Ministre de l’Action Humanitaire et de la Gestion des Catastrophes du Niger

Le Ministre de l’Action Humanitaire et de la Gestion des Catastrophes, M. Laouan Magagi, a animé, le mardi 3 septembre 2019 une conférence de presse sur la situation des inondations au niveau national.

Dans son mot introductif, le ministre Laouan Magagi a indiqué qu’au Niger, les inondations sont devenues récurrentes. Toutefois, a-t-il relevé, même si ces inondations ont jusque-là concerné essentiellement les grandes villes du pays, elles commencent à toucher de plus en plus, des gros villages. « A la date du lundi 2 septembre 2019, il a été enregistré 8.624 ménages sinistrés, 69.381 personnes victimes, 42 décès, 5.497 maisons effondrées, et 829 animaux morts. Cependant, à la même date en 2018, les chiffres sont les suivants : 19.310 ménages sinistrés, 142.715 personnes sinistrées, 40 décès et 8.943 maisons effondrées », a précisé le ministre Magagi.

Déclinant région par région cette situation d’inondations sur l’ensemble du pays, M. Laouan Magagi a indiqué qu’à Maradi, 1.666 ménages totalisant 17.534 personnes sont victimes des eaux. Celle de Zinder a enregistré 1.687 ménages avec un total de 14.036 personnes sinistrées ; Agadez 2.051 ménages totalisant 12.897 personnes ; Dosso 1.370 avec 11.231 victimes ; Tillabéry 770 ménages totalisant 5.766 personnes sinistrées ; Niamey 421 ménages pour 2.947 victimes ; Diffa 406 ménages avec 2.842 personnes sinistrées et enfin la région de Tahoua, où il a été enregistré 253 ménages totalisant 2.128 sinistrés.

Selon le ministre, à la date du 2 septembre, la région de Maradi est la plus touchée avec 17.534 personnes sinistrées. « A cela s’ajoute le barrage et le périmètre de Anaker (Tahoua), le mini-barrage de Chaladabo (Maradi), le périmètre et le barrage de Kassama (Zinder), qui sont menacés », a-t-il déclaré.

Evoquant le cas spécifique de la soudaine crue du fleuve Niger, le ministre a indiqué que cette crue, qualifiée de locale, est consécutive aux eaux charriées par les affluents du fleuve, notamment la Sirba et le Gorouol. « Depuis une semaine, cette crue est montée de 10 cm par jour, avant d’atteindre la cote d’alerte rouge qui est de 620 cm le 30 août 2019 », a-t-il précisé. Il a aussi rappelé qu’en 50 ans, cette cote n’a été atteinte qu’en 2012, occasionnant d’importants dégâts et des pertes en vies humaines. « Cette année, la cote est allée jusqu’à 638 cm, jamais enregistrée à Niamey. Cependant, les dégâts ont été moindres sur les habitations et les populations », a noté le ministre. Selon M. Magagi, au niveau des aménagements hydro-agricoles, on a enregistré des dégâts notamment à Saguia Amont et aval, à Kirkisoye complètement inondé, à Karey Gorou, à N’Dounga 1 et 3, à Say 1 et 2, à Karma, Koutoukalé, Namardé, Liboré, Lata et Saga, qui sont sérieusement menacés. « Cette crue a été contenue grâce aux efforts des populations, des autorités locales, des partenaires techniques, qui ont accompagné les comités mis en place par le gouvernement. A cela, il faut souligner les effets des 12 km de digues réalisés par le PGRC/DU sur financement de la Banque mondiale », a-t-il reconnu.

Le ministre Laouan Magagi a ensuite appelé les populations riveraines et les autorités locales des régions de Tillabéry, de Niamey et de Dosso, à plus de vigilance et de prudence, face au risque imminent d’une autre crue dans les prochains jours, à cause de la lâchée d’eau du barrage de Sélingué au Mali. Par ailleurs, le ministre de l’Action Humanitaire et de la Gestion des Catastrophes a reconnu que les réponses d’urgence apportées, jusque-là, sont relativement timides. « En effet, à peine 30% des besoins ont été satisfaits grâce à l’assistance du gouvernement ; de l’OIM et de l’UNICEF. Le gouvernement a prépositionné 2.780 tonnes de vivres dans les régions. Quant aux partenaires, ils ont placé et distribué 1.198 kits sur besoins de 8.624 kits NFI (non alimentaires) », a-t-il expliqué. Le  ministre Magagi a suggéré aux autorités municipales, sur tout le territoire national, de reloger les sinistrés dans des sites appropriés, autres que les classes, en cette veille de rentrée scolaire mais aussi à interdire la circulation des camions transportant du sable sur les digues, ce qui fragilise leur endurance. A l’endroit des partenaires, il a lancé un appel à davantage de mobilisation, afin de venir en aide aux populations sinistrées.

ONEP (Mahamadou Diallo)

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