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Entretien avec Docteur Mariama Mahamane MAIGA enseignante chercheure à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis au Sénégal

Dans le cadre du mois de la Recherche, la Direction de la Communication et du Marketing (DCM/UGB) de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis au Sénégal a rencontré la nigérienne Docteur Mariama Mahamane MAIGA, enseignante chercheure.
« la femme possède les qualités requises pour embrasser une carrière d’universitaire »

Installée au Sénégal depuis douze (12) ans, linguiste didacticienne, Enseignante-chercheure à l’UFR des Civilisations, Religions, Arts et Communication (CRAC) de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, le Docteur Mariama Mahamane MAIGA tient à souligner dans sa présentation qu’elle est d’abord épouse et mère. Elle enseigne la linguistique générale, la didactique des langues et l’analyse du discours. Ses recherches sont principalement axées sur l’analyse des productions langagières à la lumière des progrès relativement récents de la science linguistique et ses implications dans la planification didactique. Il s’agit, selon elle, d’appréhender le phénomène de la parole selon trois perspectives distinctes mais complémentaires : dans l’usage au sein de la société, sous l’angle de sa conceptualisation par les sciences du langage et du point de vue de son opérationnalisation en situation de classe.
Aujourd’hui, Enseignante-chercheure, elle fût Conseillère pédagogique de l’enseignement du français en secondaire et aussi formatrice de formateurs en pédagogie du E-Learning et technologies éducatives. De même, elle a beaucoup travaillé dans la production de manuels scolaires et dans le domaine de l’édition en langues africaines.
Inscrite sur les Listes d’Aptitude de la LAFMA à la 39ème Session des Comités Consultatifs Interafricains (CCI) du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement supérieur (CAMES) tenue du 10 au 19 juillet 2017 à Cotonou au Bénin, l’enseignante-chercheure revient dans cet entretien accordé à la Direction de la Communication et du Marketing (DCM/UGB), sur son parcours académique, son passage au CAMES, les préoccupations et les défis de sa discipline, son appréciation de la recherche et sa conception de son état de femme et universitaire.

Docteur Mariama Mahamane MAIGA, pouvez-vous revenir un peu sur votre cursus universitaire ?
J’ai obtenu mon Bac à l’école normale Tanimoune de Tillabéry au Niger. J’ai ensuite été orientée à la faculté de pédagogie de l’Université Abdou Moumouni de Niamey où j’ai obtenu mon Diplôme d’Aptitude au Professorat des Collèges. Après avoir exercé comme professeur de français pendant une douzaine d’années, je suis retournée sur les bancs à l’Ecole Normale Supérieure (ENS) pour une formation de Conseillère pédagogique de l’enseignement du français en secondaire. J’ai aussi fait un master en sciences du langage à l’Université Stendhal Grenoble 3 et un DEA de grammaire moderne obtenu à la section de français de l’UGB. Enfin, j’ai mené mes recherches dans le cadre de la thèse pour le doctorat au sein des laboratoires RSD à l’Université Gaston Berger et MoDyCo à l’Université Paris 10 Nanterre la Défense. 

Docteur Mariama M. MAIGA, vous venez d’être inscrite sur les Listes d’Aptitude de la LAFMA(CAMES). Parlez-nous de cette expérience.
Une expérience très enrichissante par le fait qu’elle nous permet de faire le point sur les acquis des années d’enseignement et de recherche. C’est aussi une reconnaissance, et pas des moindres, de la communauté des enseignants-chercheurs au sein de laquelle l’on se meut.

Pour vous qui avez fait le Niger et le Sénégal, quelle appréciation faites-vous de la recherche en Afrique ?
Mon appréciation est positive surtout pour les deux pays que vous avez cités. Beaucoup d’efforts sont, en effet, déployés par les chercheurs pour garantir une recherche de qualité et se hisser au niveau des pays à gros moyens. Pour preuves, la multiplicité des résultats publiés et le très bon taux d’inscriptions sur les listes du CAMES. 
Il faut cependant reconnaître qu’au Niger comme au Sénégal, la recherche n’est pas assez structurée au niveau des universités : celle-ci peut même être qualifiée d’individuelle du moment où il n’existe pas réellement une politique définissant des grands axes pour l’orienter vers les vraies préoccupations des populations.De même, les laboratoires de recherche créés au sein des universités n’ont toujours pas de reconnaissance statutaire, ce qui freine leur développement et leur financement. Tout compte fait, nous devons nous convaincre qu’en Afrique, investir dans la recherche est une priorité si nous ne voulons pas léguer à nos enfants un continent encore plus dépendant et donc dominé.

Justement Docteur M. MAIGA, quel est l’état actuel de l’enseignement supérieur au Niger, votre pays d’origine ?
Au Niger comme dans bien d’autres pays de la sous-région, l’enseignement supérieur est en pleine mutation. La recherche de la qualité préside de plus en plus dans les prises de décisions, des problématiques africaines sont prises en charge et les programmes mettent en avant l’opérationnalisation et la professionnalisation. Par ailleurs, des universités publiques thématiques régionales voient le jour et parallèlement, nous assistons à la multiplication des établissements privés.  Il faut cependant veillerà contrôler le développement de ces universités publiques et privées de manière à ne pas compromettre la cohérence du système. Heureusement, l’on observe une dynamique d’harmonisation des pratiques aux niveaux national et sous-régional (REESAO, CAMES…). Les instances d’assurance qualité mises en place contribueront, j’en suis sûre, à l’amélioration de l’efficacité interne et externe de nos systèmes d’enseignement supérieur.

Vous êtes universitaire et femme. Les défis de la femme intellectuelle sont-ils pareils à ceux des hommes ?
Les défis des intellectuels, hommes ou femmes, seraient les mêmes si la femme ne se mettait pas la pression en essayant de faire plus et mieux que l’homme, si elle se limitait à faire juste autant.
Une des caractéristiques de la femme est qu’elle a toujours été « multi-casquette ». Elle est capabled’accomplirbeaucoup de choses en même temps et en le faisant bien. Elle peut, tout en assurant pleinement ces fonctions d’intellectuel qui épuisent l’homme en temps normal, assurer la gestion de son foyer, l’éducation des enfants, le bien être de son époux… Le défi de la femme intellectuelle n’est donc pas d’accomplir toutes ces tâches mais plutôt d’y arriver sans se sentir pressurée et surtout, tout en étant épanouie. 

Quel message voudriez-vous lancer aux femmes qui veulent entreprendre une carrière intellectuelle et universitaire ?
Je dirais à mes sœurs de ne pas hésiter car,autantque l’homme(sinon plus), la femme possède les qualités requises pour embrasser une carrière d’universitaire. Elle est naturellement rigoureuse et méthodique. En plus, elle a la finesse et la sensibilité que requiert le travail intellectuel. Cependant, elle ne doit pas oublier une chose essentielle : elle est le pivot de la cellule familiale, fondement de la société.
Quel serait votre mot de la fin, Docteur Mariama Mahamane MAIGA ?
L’Afrique doit être au centre des préoccupations des intellectuels africains particulièrement dans les universités. Le défi de l’enseignement supérieur est, en effet, de préparer le potentiel humain que constitue la jeunesse afin que celle-ci puisse s’attaquer aux grands maux qui minent les sociétés africaines. Quels outils mettre dans les mains des générations futures pour le développement de l’Afrique noire ? Telle est la question.

2 Commentaires le Entretien avec Docteur Mariama Mahamane MAIGA enseignante chercheure à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis au Sénégal

  1. Issoufou BOUBACAR KADO MAGAGI // 17/08/2017 á 7:40 // Répondre

    Après avoir servi au Niger pendant une douzaine d’années, Le Docteur Mariama Mahamane Ousmane et son mari Hama Maiga ,se sont retrouvés au Sénégal où ils enseignent , ont apporté chacun dans son domaine une grande contribution dans la recherche scientifique en Afrique .
    En effet , Marie comme l’appelle les intimes a été d’un grand apport pour la linguistique didactique en Afrique d’une part et d’autre part son époux Hama Maiga Docteur en science Physique a aussi grandement contribué au rayonnement de la science physique en Afrique . Nous sommes vraiment fiers de l’excellent travail de recherche universitaire que ce couple est en train de faire en terre africaine du Sénégal . Nous leur souhaitons du courage et succès continus !
    Que Dieu le plus puissant leur assure sa grande protection !

  2. Issa Abdoul azizi // 17/08/2017 á 7:42 // Répondre

    Bonjour
    Je vous souhaite assez Dr, vous nous quitter avec une question, quel outils pour les générations futures ? Pour l universite AM les etudiants souffre entre enseignants chercheur et enseignant politicien d Ou plusieurs Annee Pour une

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