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Communiqué de presse à l’issue de la mission du Conseil de Sécurité des Nations Unies au Niger du 4 au 5 mars 2017.

LES AMBASSADEURS DU CONSEIL DE SÉCURITÉ PLAIDENT POUR QUE LE NIGER NE SOIT PAS OUBLIÉ


(Niamey, 5 mars 2017) – Une mission du Conseil de Sécurité des Nations Unies conduite par le Représentant du Royaume Uni aux Nations unies, Président du Conseil de sécurité, et les représentants du Sénégal et de la France aux Nations unies, a achevé ce dimanche une mission de deux jours au Niger. Cette visite avait pour objectif d’apporter le soutien du Conseil au Niger dont la région de Diffa, au sud-est du pays, fait partie des zones touchées par l’instabilité sécuritaire liée aux activités de Boko Haram dans le bassin du Lac Tchad. Les membres de la délégation ont eu une rencontre de travail présidé avec Son Excellence M. Issoufou Mahamadou, Président de la République, Chef de l’Etat, en présence du Premier Ministre et de membres du Gouvernement, et des échanges avec le corps diplomatique, les donateurs et les représentants de l’équipe humanitaire et des Nations unies, et des ONG, sur la situation sécuritaire et ses conséquences humanitaires d’une part et les réponses post crises, le relèvement et le développement des zones affectées d’autre part. Le Premier Ministre a aussi offert un dîner élargi aux membres du gouvernement, du corps diplomatique et des organisations internationales. La mission a tenu aussi une conférence de presse. « Nous sommes venus manifester notre engagement à soutenir davantage le Niger dans ses efforts remarquables à rétablir la stabilité sécuritaire des localités du pays situées dans le bassin du Lac Tchad mais également à apporter la protection et l’assistance nécessaires aux populations affectées par la crise, » a dit M. Matthew Rycroft, Ambassadeur du Royaume Uni au Conseil de Sécurité et Président de cette instance. La crise dans le bassin du Lac Tchad découle d’un mal-développement avec un niveau élevé de pauvreté aggravé par l’insécurité découlant des attaques terroristes de Boko Haram ayant entraîné un déplacement massif de populations et des conséquences humanitaires d’une grande magnitude, notamment dans la région de Diffa. En effet, celle-ci était déjà confrontée à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, du faible accès avux services sociaux de base, des épidémies et des inondations. Cette crise met aussi en exergue la question centrale de la protection et des droits de l’homme. « L’effort sécuritaire dans le bassin du Lac Tchad ne servira que s’il est couplé avec, à la fois, une action humanitaire urgente et un effort pour des actions politiques durables, » a souligné M. François Delattre Ambassadeur de la France au Conseil de Sécurité. Aujourd’hui plus de 340 000 personnes vivant dans cette région, soit près d’une personne sur deux, ont besoin d’assistance humanitaire. Plus de 241 000 personnes déplacées internes, nigériens retournés et réfugiés nigérians ont été obligés de se déplacer dans la région pour fuir les violences liées aux activités de Boko Haram. Ces personnes incluent la moitié des nigérians réfugiés au Niger, au Tchad et au Cameroun. « Les échanges avec les autorités nigériennes et la communauté humanitaire nous ont permis de mesurer la sévérité de la souffrance des populations civiles à Diffa. Cette situation nous interpelle tous et requiert une attention sérieuse de la part des Etats et des bailleurs de fonds. La solidarité et la générosité dont le Niger et ses partenaires font montre méritent d’être soutenues pour une meilleure réponse aux besoins humanitaires actuels et un meilleur avenir aux générations futures, » a vivement plaidé M. Fodé Seck, Ambassadeur du Sénégal au Conseil de Sécurité. Cette visite de haut niveau intervient une semaine après la conférence d’Oslo durant laquelle les donateurs ont promis d’allouer 458 millions de dollars pour 2017 aux quatre pays du bassin du Lac Tchad touchés par les violences causées par Boko Haram à savoir : le Cameroun, le Tchad, le Nigéria et le Niger. « Le Niger, pays qui lutte pour relever les défis liés au changement climatique, à la pauvreté et à un faible indice de développement humain, doit figurer parmi les priorités de la communauté internationale d’autant que ce pays fait face en plus, à des mouvements forcés de populations, et à des défis sécuritaires énormes ayant un impact négatif sur ses finances publiques et son développement. Malgré tout, les communautés hôtes déjà vulnérables

montrent une grande solidarité avec les populations déplacées », a déclaré M. Fodé Ndiaye Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies, Coordonnateur Humanitaire pour le Niger. Cette année, 140 millions de dollars, soit 50 pour cent des fonds recherchés pour l’ensemble du pays, sont requis pour répondre aux besoins humanitaires les plus pressants de plus de 326 000 personnes ciblées dans la région de Diffa. Il est important et urgent d’agir ici et maintenant pour non seulement soutenir les opérations humanitaires mais aussi et surtout bâtir la résilience des populations, renforcer le développement économique et social, notamment des femmes et des jeunes, pour restaurer l’espoir et construire un avenir meilleur pour Diffa, le Niger et le Bassin du Lac Tchad. Les moyens énormes nécessaires doivent être dégagés. La stabilité de cette région avec ses incidences régionales voire mondiales est à ce prix !
Nous pouvons et devons le faire.

Système des Nations Unies au Niger.

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