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3 août 2019 : message à la Nation du Président de la République SEM Issoufou Mahamadou à l’occasion du 59ème anniversaire de l’indépendance du Niger.

MESSAGE À LA NATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT, SEM. ISSOUFOU MAHAMADOU À L’OCCASION DU 59ème ANNIVERSAIRE DE L’INDÉPENDANCE DU NIGER

Nigériennes, Nigériens,
Mes Chers Concitoyens,
Demain 03 août 2019, notre pays célèbre le 59ème anniversaire de son accession à l’indépendance.
Cette année, la fête du 03 août, désormais tournante dans les chefs-lieux de régions, sera célébrée à Tahoua dans un contexte marqué par une situation sécuritaire difficile d’une part et d’autre par les succès diplomatiques éclatants enregistrés par notre pays.
Mes Chers Concitoyens,
Sur le plan sécuritaire nous faisons toujours face à la fois aux menaces de la secte Boko Haram dans le lit du lac Tchad, à celle des organisations terroristes dans le Nord-Ouest de notre pays ainsi qu’à l’insécurité liée aux trafics de tout genre menés par des organisations criminelles, en direction et en provenance de la Libye.
Les tentatives des terroristes en vue de transformer la lutte que les Etats mènent contre eux en conflits intercommunautaires, l’extension de la menace terroriste plus au sud comme l’atteste l’enlèvement de touristes au Bénin, la résilience dont fait preuve BOKO HARAM dans le bassin du lac Tchad, sont les aspects marquants de la situation sécuritaire actuelle. A cela s’ajoute le développement du banditisme notamment dans la zone frontière entre la région de Maradi et notre grand voisin du Sud. Face à la dégradation de la situation sécuritaire les Etats doivent affiner leur stratégie.
Les opérations conjointes récemment menées par nos FDS et les forces alliées des pays soutenant notre lutte contre le terrorisme telles que l’opération française BARKHANE et les forces spéciales américaines sont couronnées de succès et ont déjà permis de neutraliser un nombre important d’éléments terroristes et de détruire leurs bases.

Je redis ici ma fierté pour l’engagement de nos soldats qui sont plus que jamais déterminés à éradiquer le terrorisme et le crime organisé. Je leur renouvelle mes appréciations ainsi que la reconnaissance de la Nation entière pour les sacrifices qu’ils consentent, de jour comme de nuit, au service de notre pays.
Pour sa part, l’Etat continuera à assumer pleinement sa part de responsabilité vis-à-vis de nos Forces de Défense et de Sécurité, et des ayant-droits des militaires décédés en service commandé.
Pour ce qui est du niveau régional, la mutualisation des forces opérée tant au niveau de la Force Mixte Multinationale dans le bassin du lac Tchad, que de la Force Conjointe du G5 Sahel, s’avère être efficace dans la lutte contre les groupes terroristes et criminels.
Dans le lit du Lac Tchad, en dépit des opérations menées au cours de cette année par la Force Mixte Multinationale, Boko Haram fait preuve d’une résilience que nos forces doivent briser coûte que coûte.
Concernant le G5 Sahel, la montée en puissance de sa Force Conjointe doit être accélérée et les efforts de recherche d’une source de financement pérenne doivent être renforcés.
Au niveau de la CEDEAO, les chefs d’Etat et de Gouvernement ont convenu d’un sommet extraordinaire le 14 Septembre prochain à Ouagadougou spécialement consacré à la sécurité régionale et à l’examen des voies et moyens d’y faire face de manière collective.
Il est évident que pour être efficace, la lutte contre le terrorisme doit connaître la même priorité au niveau de l’ensemble de la communauté internationale. Le Niger poursuivra le combat notamment au sein du Conseil de Sécurité dont il sera désormais membre non permanent, pour que celle-ci ne se détourne pas de son devoir de solidarité à l’égard des pays du Sahel. Il plaidera pour qu’une attention particulière soit accordée à la résolution de la crise libyenne source de tous les conflits qui affectent les pays du Sahel et du bassin du lac Tchad.
Mes Chers Concitoyens,
Nous n’avons jamais perdu de vue la liaison étroite qui existe entre sécurité et développement. Voilà pourquoi il a été organisé récemment à Niamey la réunion des Gouverneurs des régions du bassin du lac Tchad avec les partenaires.
Les échanges avec ces partenaires ont permis d’adopter un programme de développement couvrant à la fois les aspects d’assistance humanitaire, de réalisation d’infrastructures sociales et de renforcement de la résilience des populations riveraines du lac Tchad profondément affectées par l’insécurité liées aux exactions de Boko Haram.
Voilà également pourquoi les échanges approfondis que nous avons eus avec nos partenaires du G5 Sahel nous ont permis d’adopter un programme d’investissements prioritaires qui couvre les domaines de la sécurité, de la gouvernance et du développement, de la promotion de la jeunesse, de l’autonomisation de la femme et de l’accroissement de la résilience ; des questions si essentielles pour nos populations.


Mes Chers Concitoyens,
Sur le plan diplomatique notre pays vient d’abriter le sommet extraordinaire de la conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine consacré au lancement de la phase opérationnelle de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine, suivi de de la première réunion de coordination entre l’Union Africaine et les Communautés Economiques Régionales, respectivement les 7 et 8 juillet 2019. Ces deux rencontres continentales ont enregistré un succès retentissant au regard du nombre élevé de Chefs d’Etat et de Gouvernement qui ont effectué le déplacement de Niamey, mais aussi de la qualité de l’organisation. L’Afrique toute entière a été fière de la capacité de notre pays et de son peuple à organiser dans de bonnes conditions des évènements d’une telle envergure. Nos hôtes ont été impressionnés par la transformation et la modernisation de la ville de Niamey. Ce succès qui rehausse l’image de notre pays, nous le devons aussi à la mobilisation de toutes nos populations et en particulier celle de la ville de Niamey.
J’ai demandé au Gouvernement de prendre les dispositions nécessaires afin de consolider cet acquis et de développer une économie de conférence en faisant de notre pays un hub en matière de rencontres d’envergure internationale.
Le sommet extraordinaire de Niamey a été le couronnement de la ZLECAf, projet continental que j’ai eu l’honneur de piloter au nom de mes pairs africains qui me l’ont confié en Janvier 2017 avec pour objectif d’accélérer sa mise en œuvre. Avec la signature de l’Accord en mars 2018 et sa ratification en une année par le minimum requis pour son entrée en vigueur, le projet de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine auquel le nom du Niger est désormais associé est le projet qui a connu le processus de ratification le plus rapide de l’histoire de l’Union Africaine.
Avec la zone de libre-échange continentale Africaine, l’Afrique fait un pas important vers la fin de sa balkanisation. Sa mise en œuvre ainsi que celle des autres projets de l’agenda 2063 permettrait de transformer notre continent, de créer les conditions de sa prospérité notamment en créant des emplois pour les jeunes.
Mes Chers Concitoyens,
La zone de libre-échange continentale Africaine n’est pas un succès diplomatique isolé. Ce succès s’ajoute à l’élection de notre pays au conseil de sécurité des nations Unies pour la période 2020-2021, à l’élection du Niger à la présidence de la CEDEAO, au choix du Niger pour abriter la réunion des Ministres de l’Organisation de la Conférence Islamique en 2020 ainsi que la célébration du cinquantenaire de l’Organisation Internationale de la Francophonie en Mars 2020.
Je sais que vous êtes fiers de ces succès. Faites en des points d’appui pour tous nos combats à venir. Interprétons-les comme des indicateurs de ce que nous sommes capables de faire.
Au sein du conseil de sécurité et en votre nom, nous aurons l’occasion de travailler aux côtés des autres acteurs de la scène diplomatique mondiale afin d’apporter notre contribution pour un traitement judicieux des différentes questions qui seront portées devant le Conseil. Cette nouvelle et très importante responsabilité qui échoit au Niger illustre de façon claire le poids des responsabilités dont les pays Africains sont prêts à investir notre pays et ses dirigeants.
Au niveau de la CEDEAO, avec la présidence du Niger, nul doute que cette organisation fera de nouveaux pas en avant dans le sens d’une véritable intégration des peuples. Des avancées sont possibles en matière de sécurité, d’infrastructures régionales, de monnaie unique, projet dont j’assure par ailleurs la coprésidence du comité ad hoc présidentiel avec mon homologue du Ghana. Les actions que nous menons au niveau de la CEDEAO prolongent celles que nous menons au niveau national et s’alignent sur celles que nous menons au niveau du continent.
Le Niger assume par ailleurs les responsabilités de Président de la Commission Climat pour la région du Sahel, de Président du Comité de Haut Niveau pour la Sécurité Alimentaire de l’UEMOA et de champion pour diverses causes mondiales dont la vaccination avec l’institution GAVI et le développement industriel avec l’ONUDI. Incontestablement, le Niger joue désormais un rôle important dans les questions intéressant le continent et la marche du monde. Ce faisant, il a montré au monde entier sa disponibilité à travailler main dans la main avec tous les peuples épris de paix et de justice, pour promouvoir la concertation, la coopération, et le développement. Notre pays croit profondément au multilatéralisme et, malgré ses moyens limités, il prend sa part de sacrifice dans le processus de construction d’un monde meilleur.
Mes Chers Concitoyens,
Depuis plusieurs décennies, la fête de l’indépendance dédiée à l’arbre est une occasion supplémentaire pour planter des arbres dans le cadre d’actions de reboisement. Car l’arbre est d’une utilité et d’une importance insoupçonnée. Comme le dit l’adage, qui aura planté un arbre n’aura pas vécu inutilement.
Cette utilité de l’arbre est confirmée par les hadiths du prophète Mohamed (SAW) dont celui qui dit “Quiconque a planté un arbre et veillé sur sa bonne conservation et son entretien jusqu’à ce qu’il produise ses fruits, est considéré comme ayant fait une aumône pour chacun de ses fruits” et celui qui dit : “Si la fin du monde venait à survenir alors que l’un d’entre vous tenait dans sa main une plante, alors s’il peut la planter avant la fin du monde, qu’il le fasse !”.
Le thème retenu pour la présente édition est « plantons et entretenons les arbres pour un meilleur avenir ».
En effet, un des chocs majeurs auquel nous devons faire face de façon résolue, c’est sans doute le choc climatique. Notre pays y est pleinement exposé. C’est pourquoi, nous devrons redoubler de détermination pour une gestion durable des ressources naturelles.
Dans le cadre de la Commission Climat pour le Sahel, dont le Niger assure le leadership, nous avons convenu de diverses initiatives tendant à lutter contre le changement climatique à travers le plan d’investissement climat adopté par nos Etats et soumis à nos partenaires.
Nous sommes convaincus que lutter contre le changement climatique, c’est lutter contre la pauvreté, la famine, la migration, l’insécurité et le terrorisme.
Lutter contre le changement climatique, c’est lutter pour le développement de nos pays.
C’est dans cette perspective que le Niger a élaboré sa Contribution Déterminée au Niveau National à l’instar des autres pays, en mettant l’accent sur la gestion durable des terres, une agriculture résiliente et l’accès à une énergie durable et à faible coût.
Aussi suis-je dans l’obligation de le répéter : Plantons des arbres, et surtout entretenons les. Il y va de notre responsabilité individuelle et collective dans la lutte contre la dégradation des écosystèmes. Reboisons sans cesse pour sauver notre planète terre aujourd’hui en proie à des changements climatiques dévastateurs.
A travers la plantation des arbres, c’est notre engagement dans la lutte contre les effets du changement climatique que nous amplifions. Cette lutte doit être permanente, toute l’année y compris à travers la régénération naturelle assistée à propos de laquelle une intensification de la sensibilisation de la population est nécessaire. Du reste, comment sans ces actions qui viennent s’ajouter aux autres mesures de restauration et de défense des terres, protéger le capital de production que celles-ci constituent ?
Comment contribuer à réaliser autrement les objectifs de l’initiative 3N ? Comment atteindre autrement, les objectifs de faim zéro en 2021 et de zéro importation de riz en 2023 ?
La campagne agro-pastorale 2019-2020 qui est en cours, est l’occasion de progresser vers la réalisation de ces objectives.
C’est pourquoi, comme à l’accoutumé, le Gouvernement a pris toutes les dispositions nécessaires afin d’accompagner les producteurs à travers diverses initiatives, dont la mise à disposition des intrants agricoles et la vente à prix modéré des céréales.
Par ailleurs, je suis heureux de constater que des projets et programmes ont été déjà élaborés et les financements mobilisés en vue d’accélérer et de finaliser la mise en place des maisons du paysan qui sont, comme vous le savez, une initiative innovante imaginée par le gouvernement, visant à garantir aux agriculteurs l’accès aux intrants indispensables à une production optimale.
Je suis également heureux de constater que l’initiative 3N suscite aujourd’hui l’engouement et l’adhésion de nos laborieuses populations et bénéficie de l’appréciation de nos partenaires, qui y voient à juste titre, une expérience crédible de développement à la base, contribuant à donner au monde rural la place centrale qui est la sienne dans l’économie nationale.
A cet égard, le Fonds d’Investissement pour la sécurité Alimentaire (FISAN), véritable soupape de sécurité pour les producteurs, est désormais opérationnel. L’Etat et ses partenaires ont mobilisé quelques 15 milliards de francs CFA pour faciliter l’accès au financement pour les promoteurs des différentes filières.
Par ailleurs, je me félicite de l’adoption de la Politique Nationale Multisectorielle de Sécurité Alimentaire intervenue à la fin de l’année 2018, qui replace la nutrition au cœur de la mise en œuvre de l’Initiative 3N.
Ces réformes vont se poursuivre, notamment dans les domaines du foncier, de l’approvisionnement en engrais et de la production des semences.
J’encourage le Gouvernement à poursuivre cette dynamique avec la même perspicacité et la même détermination, en vue d’atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés, à savoir, je le rappelle, la transformation du monde rural, les objectifs « faim zéro » d’ici 2021 et zéro importation de riz en 2023.
Bonne fête de l’indépendance;
Que Dieu bénisse le Niger
Je vous remercie.

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